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Lituanie : un sanctuaire juif du XVIème siècle découvert

août 2nd, 2011

Les vestiges d’un sanctuaire qui abritait les rouleaux de la Torah de la grande synagogue de Vilna, en Lituanie, a été découvert.

D’anciens vestiges d’un sanctuaire qui abritait les rouleaux de la Torah ont été retrouvés en Lituanie lors de fouilles archéologiques.
Le Premier ministre lituanien, Andrius Kubilius, a visité ce site datant de la fin du XVIème siècle en compagnie de 25 jeunes juifs et de l’émissaire du mouvement Habad, le Rav Shalom Krinsky.
« Il est très important pour nous de retrouver ces mêmes vestiges authentiques de l’histoire lituanienne, qui comprend aussi l’histoire de la communauté juive. Ces découvertes ne sont pas importantes seulement pour la Lituanie, mais également pour la communauté juive mondiale. C’est un symbole très fort ressurgi d’un patrimoine juif entièrement éteint, et une telle découverte est un symbole très fort pour l’avenir du peuple juif », a-t-il dit.
Cette ancienne synagogue existait encore à la veille de la Seconde Guerre mondiale, mais fut détruite par les nazis et communistes.
Bien que des immeubles d’habitation aient été construits sur ses ruines, un émissaire du mouvement Loubavitch a déclaré vendredi 15 juillet lors d’un office :
«Nous allons pouvoir de nouveau prier dans un tel endroit, 60 à 70 ans après son anéantissement par les communistes, ce qui représente une victoire pour tout Juif ».
Par Tsypora Betito
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De l’influence du marionnettiste iranien sur la Syrie

avril 23rd, 2010

Au petit matin de ce jeudi  22 avril, des missiles de type Katioucha/Grad  ont été tirés sur la région d’Eilat-Akaba  sans toutefois faire de victime. Heureusement…

Le ministre de l’Information jordanien, Nabil al Charif plus tard dans la journée déclarait : “Après enquête, il s’avère que la cause de l’explosion était la chute d’un missile  Grad  de fabrication soviétique,  provenant de l’extérieur du territoire jordanien. Le missile n’a pas été tiré du territoire jordanien”,  sans donner plus de précisions

Du côté Israélien Tsahal s’est contenté de déclarer qu’aucun explosif n’avait touché Eilat, mais signalait que plusieurs explosions avaient été enregistrées

En réunion de rédaction, ce jeudi, force fut de constater que l’avertissement lancé dans l’éditorial précédent nous semblait quelque peu prémonitoire.

Il apparait à l’analyse que c’était Eilat qui était visé.  L’attaque vient probablement de groupuscules terroristes  agissant  tant du côté Jordanien que du côté du Sinaï Egyptien.

Leurs objectifs idéologiques peuvent être différents mais  tous ont une constante : l’anéantissement ou tout au moins l’affaiblissement de l’Etat d’Israël.
Il nous est impossible de ne pas faire un rapprochement avec la montée de tension matérialisée  par le tir d’obus de mortier ou de Kassam depuis la bande de Gaza sur Israël ces dernières semaines.
Alors, ‘’ à qui profite le crime’’ ?
Créer un climat d’instabilité entre Israël et ses voisins afin de faire régner un climat de violence dans la région, voilà les buts que poursuit l’Iran.

Il est utile d’en rappeler ici les raisons.

L’Iran pour parfaire ses objectifs nucléaires a besoin d’attirer le focus international sur Israël. Tous les moyens sont bons, même ceux utilisant la folie destructrice d’Al-Qaïda, pourtant  d’une idéologie islamique différente de celle de Téhéran.

Ahmadinejad, s’il veut se maintenir, se doit d’essayer de raviver le sentiment nationaliste de son importante opposition intérieure.
Pour atteindre cet objectif, seule la violence contre Israël, parfait symbole d’un occident diabolisé, constituera le ciment de la réconciliation.
Il se sert donc de ses vassaux que sont le Hezbollah, les factions terroristes islamistes de Jordanie, d’Egypte et du Hamas.

Afin de parfaire son plan il essaie de persuader le Syrien,  Al Assad qu’Israël est sur le point d’attaquer.
Le gouvernement  israélien n’est pas dupe, ce jeudi Netanyahou déclarait : ’’L’Iran cherche à faire croire à la Syrie que l’attaque israélienne est  imminente afin de déclencher une guerre… ce qui est un mensonge. ‘’

Mensonge ou pas, de nombreux responsables sécuritaires israéliens sont inquiets de l’évolution de la situation.
Mais ils ne sont pas les seuls,  dans les colonnes de Guysen News il était possible de lire aujourd’hui :
‘’ Un institut d’analyses politiques basé aux États-Unis considère qu’une nouvelle guerre au Proche-Orient se profile à l’horizon, susceptible d’être déclenchée par la Syrie, l’Iran et le Hezbollah. L’Institut de Washington cite une combinaison de facteurs qui ont conduit à cette évaluation, en particulier une réunion trilatérale en février qui s’est tenue à Damas entre le président syrien Bachar Assad, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, et le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.’’
Comment l’administration  Obama et ses alliés occidentaux vont réagir devant cette grave crise en gestation ?
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Le bruit des bottes?

avril 18th, 2010

Alors scud ou pas scud au sud Liban ? Ce soir, de nombreux éditorialistes se posent hypocritement cette question, tout en sachant parfaitement la réponse. Nul  n’est besoin d’être un fin analyste géopolitique du Moyen-Orient  pour savoir  que le Hezbollah est déjà en possession d’un tel  armement.

Afin de mieux comprendre les enjeux  autour de cet inquiétant missile scud, il nous faut rappeler, qu’il s’agit d’une fusée capable d’atteindre  une cible distante de plusieurs centaines de kilomètres.
Tous les Scud dérivent du V2 allemand. De par leur construction, ils sont peu précis. À cet égard, les Scud peuvent être considérés comme des armes à large zone d’impact. L’avantage militaire des Scud consiste dans leur facilité de transport par des véhicules équipés de rampe de lancement. Cette mobilité augmente la capacité de survie d’un tel système d’armes.
A l’échelle de la région, Eilat devient une cible potentielle du Hezbollah, donc  n’importe quelle ville d’Israël.

C’est par des rapports secrets américains, confirmant ceux de l’Etat juif que l’inquiétude est allée en grandissant au sein de l’Etat-major israélien.  D’ailleurs, le président israélien Shimon Peres a accusé mardi la Syrie de fournir des missiles Scud au Hezbollah peu avant son départ pour sa visite en France. “La Syrie affirme qu’elle veut la paix alors qu’elle fournit au même moment des Scud au Hezbollah, dont la seule raison d’être est de menacer l’Etat d’Israël”, a affirmé le président Peres à la radio publique d’Israël.

D’autre part, un porte-parole du Département américain a indiqué, ce mercredi, devant un parterre de journalistes que le Liban se trouve ”considérablement en danger” si les informations concernant le transfert de missiles au Hezbollah est avéré. Il a ajouté que les États-Unis continuaient ”d’examiner la question, mais il est clair que Liban court un danger si ces missiles ont bien été transférés” a-t-il conclu.

Même la France jugerait « préoccupant », un projet de transfert par la Syrie de missiles de longue portée Scud au Hezbollah, a indiqué jeudi le ministère français des Affaires étrangères. « La confirmation des informations auxquelles vous faites référence serait en effet préoccupante », a déclaré la porte-parole adjointe du ministère, Christine Fages, interrogée lors d’un point-presse sur des déclarations en ce sens d’officiels israéliens et américains.

Déjà il y a quelques jours, Le journal koweïtien al-Raï affirmait que : « Des rapports américains sur des missiles de type Scud-D  étaient infiltrés au Hezbollah par le biais de la Syrie, alors même que les déclarations des responsables américains continuent de se limiter à des  généralités ». Toujours selon ce média koweïtien, le responsable du commandement central dans l’armée américaine, le général David Petraeus, a mis en garde contre l’approvisionnement en missiles du Hezbollah et du Hamas par l’Iran. Durant une conférence de presse, il avait relevé l’inquiétude israélienne concernant les missiles « de plus en plus sophistiqués » donnés au Hezbollah et au Hamas par Téhéran.  Selon les sources américaines citées, « ces missiles Scud-D sont fabriqués suivant la technologie nord-coréenne ou russe ».

Pourquoi  tant de retenues dans toutes ces déclarations ?  Il nous paraît évident que Barack Obama parfaitement conscient de s’être fait duper , par son homologue Syrien Bachar Al Assad , continue contre vents et marées à essayer de sauver sa politique de ‘’la main tendue’’ , plus pour éviter un nouvel affrontement entre Israël  et l’Iran par Hezbollah et Hamas interposés…dans un premier temps, que par réelle conviction.

Ce soir, le comité de rédaction de Guysen  est  convaincu que désormais  la guerre  est inévitable. La seule question restant encore en suspens  consiste en un mot : quand !

Malheureusement  depuis ces dix dernières  années nous ne nous sommes jamais trompés.

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Construire à Jérusalem

mars 26th, 2010

La crise diplomatique entre Israël et les Etats-Unis dure depuis plus de deux semaines. Elle s’est sans doute aggravée à l’occasion de la visite de Benyamin Netanyahou à la Maison Blanche. La radio de l’armée israélienne a affirmé que “toutes les tentatives pour surmonter les tensions avec l’administration ont échoué”. Les mots de la presse sont éloquents : déception, échec cuisant, bras de fer, pression, crise, guerre froide…, les médias israéliens présentent Benyamin Netanyahou comme un homme traqué, “le dos au mur”, selon le Maariv qui parle même d’embuscade à la Maison Blanche…

Obama s’est montré directif, exigeant et plus ferme que jamais, plaçant le Premier ministre israélien face à un dilemme. Si la reprise des pourparlers avec les Palestiniens est une exigence américaine, l’appui des Etats-Unis dans la lutte que doit mener Israël contre le danger nucléaire iranien demeure indispensable.
 
Qu’il est difficile de construire à Jérusalem !

 ”Jérusalem n’est pas une colonie, Jérusalem est la capitale d’Israël”. Cette courte phrase prononcée avec solennité par Benyamin Netanyahou au congrès de l’AIPAC la veille de sa rencontre avec le Président américain donnait le ton. Le Premier ministre israélien a souhaité légitimer les décisions prises en matière de construction à l’est de Jérusalem. Il a surtout voulu rappeler que Jérusalem est au centre de la vie juive depuis trois mille ans et au cÅ“ur de la vie israélienne depuis 1948. Conquise en 1967, c’est une loi fondamentale israélienne qui en fait la capitale de l’Etat hébreu. 
 
 Le classement de Jérusalem comme le troisième lieu saint de l’Islam est assez récent. Employé comme un argument de la propagande antisioniste depuis 1967, il sert aujourd’hui la “communication martyre” palestinienne qui exprime une crainte pour la préservation de leurs lieux saints pourtant construits sur les vestiges juifs les plus précieux. Faire croire qu’une guerre de religions menace, réduire les options politiques de l’actuel gouvernement israélien à une stratégie de judaïsation de Jérusalem. Déduire qu’un gouvernement de droite fermerait volontairement toutes les portes du dialogue pour la paix. 
 
 Oubliés, les missiles Qassams tirés sur le Néguev. Oubliées les tentatives de relancer une troisième Intifada. Oublié, le refus de Mahmoud Abbas de reprendre les pourparlers. Le Président de l’Autorité palestinienne détient les clés d’un chantage qu’Israël ne peut accepter. 
 
 Jérusalem est la capitale d’Israël dans tous les sens du terme : historique, politique, économique. Son maire est un laïque soucieux de développement économique et d’harmonie sociale. La nécessité de construire à Jérusalem échappe largement aux considérations spirituelles, mais répond d’abord à un souci démographique, une exigence sociale. 

 Campé sur la ligne palestinienne qui exige un retour aux frontières de 1967, Obama reste donc convaincu que la paix au Proche Orient passe par la création d’un Etat palestinien, vaille que vaille. L’échec de la rencontre était annoncé, et Netanyahou s’est en outre retrouvé face à un homme dopé par le succès du vote historique sur la réforme de l’assurance maladie. 

 Sans scrupule, Obama a présenté à Netanyahou treize requêtes. Il “attend” une réponse positive. Parmi ces “attentes”, une promesse selon laquelle le gel de la construction se poursuivra au-delà des dix mois approuvés par le gouvernement israélien, soit après le 26 septembre. Obama souhaite aussi que les dispositifs mis en place à Jérusalem empêchent des constructions dans les quartiers palestiniens de l’est de la ville. 

 L’autre “attente” d’Obama est qu’Israël redonne à l’Autorité palestinienne le plein contrôle de tous les territoires qui étaient sous sa responsabilité en septembre 2000. Ce contrôle a été perdu durant la deuxième Intifada. Les autres attentes concernent la libération de plusieurs centaines, voire d’un millier, de prisonniers, sans aucune contrepartie de la part des Palestiniens… Il y a quelques mois encore, leur échange contre Guilad Shalit était pourtant envisagé. 

 Obama exige aussi l’ouverture de pourparlers sur un accord permanent qui devront être complétés sous deux ans. Le Président américain demande des réponses immédiates. Dans ce climat de défiance, Obama évoque des questions pratiques tandis que le Premier ministre israélien parle de souveraineté, sécurité, stabilité gouvernementale.  

 Après 90 longues minutes, Obama s’est conduit en homme pressé. Il a pris congé de son hôte pour dîner en famille, avec Michelle et ses filles, sans lui. Invité à s’isoler dans l’enceinte de la Maison Blanche pour téléphoner à Jérusalem, prendre contact avec son cabinet, et pour annoncer au Président tout changement de position, Benyamin Netanyahou a sans doute connu l’un des pires moments de sa carrière politique. 
 
 Une heure et 17 minutes plus tard, les deux hommes parlaient à nouveau. Pendant 25 minutes, le Président a demandé au Premier ministre de prendre les mesures en vue de “bâtir la confiance”…
 
 Sans déclaration commune, sans communiqué de presse, sans photographe, cette rencontre ressemble à un affrontement. Si, comme l’a déclaré Nancy Pelosi, le Congrès américain est aux côtés d’Israël, le Président Obama est quant à lui aux côtés des Palestiniens. Choix de politique extérieure oblige, il continue de faire pression sur Israël pour montrer aux pays arabes qu’il est un partenaire crédible voire “équitable”, comme il le répète. 
 
 Qu’il est difficile de construire à Jérusalem ! 

Et pourtant, les décisions que l’on reproche au gouvernement sont prises par la municipalité de Jérusalem, et celle-ci fournit des permis de construire des sites industriels, surfaces commerciales et logements aux citoyens de Jérusalem, qu’ils soient juifs, musulmans ou chrétiens.  

 Le maire de Jérusalem n’entend pas renoncer au développement de sa ville. Le Premier ministre n’entend pas renoncer au caractère indivisible de sa capitale. Le Président américain n’entend pas renoncer  aux pressions sur Jérusalem… Si la rencontre entre le Président du pays le plus puissant au monde et le Premier ministre du plus petit pays du monde est déjà écrite comme une page sombre de l’histoire des relations américano-israéliennes, elle a cependant révélé une double détermination. Celle du responsable israélien, qui dans sa posture de coureur de fond, résistant et légitimiste, continue de clamer que Jérusalem est la capitale d’Israël. Celle de Barack Obama, qui adhère plutôt au souci des Palestiniens de faire de Jérusalem la capitale de leur futur Etat. 
 
 C’était au mois de juin 2008. Barack Obama était candidat démocrate aux élections présidentielles américaines. En visite en Israël, devant le Mur occidental du Temple détruit, il déclarait alors Jérusalem capitale indivisible de l’Etat d’Israël.   
 

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Les rafles françaises

mars 13th, 2010

“La Rafle” fait partie de ces films importants qu’il faut voir et dont les douloureux enseignements sont à partager. “La Rafle” parle d’une histoire de la France qui n’est pas simple à transmettre, parce que c’est une histoire où la honte a longtemps joué le premier rôle. Réalisé par une femme qui n’est pas juive, qui fut longtemps journaliste d’investigation, ce drame réaliste restitue une atmosphère insoutenable, un passé encombrant pour l’histoire française, le pire de ce qu’ont connu les Juifs au cours de leur histoire, le pire de ce qu’a pu faire la France au cours de son histoire.

“La rafle” est une histoire lâche… Les arrestations sont basées sur l’effet de surprise afin d’empêcher que les Juifs puissent s’organiser pour y échapper. Au cours de la Seconde guerre mondiale, ces arrestations massives de personnes ont constitué une étape importante dans le processus d’extermination, au service de la “Solution finale” décidée par les Allemands et réalisée grâce à la complicité de nombreux gouvernements et peuples d’Europe, dont la France.

Les rafles servaient à remplir les wagons des trains de la mort, ces convois de déportation qui roulaient vers les camps dont l’on ne revenait pas. En France, les rafles conduisirent d’abord dans les camps de transit que furent Drancy, principal lieu de départ pour les “camps de l’Est”, mais aussi Pithiviers, Beaune-la-Rolande, Compiègne, Angers, mais aussi Vittel, Aurigny, Mazures, Dannes-Corniers, Fort Mahon, Peuplingues, Coudette, des camps de travail qui devinrent des camps de transit, en attendant la déportation.

Après le statut des Juifs voulu par Vichy, les interdits professionnels et l’aryanisation économique, après la mise à l’écart de la communauté nationale, les rafles annonçaient l’extermination, la disparition physique d’hommes, de femmes, d’enfants de tous âges, qui avaient en commun d’être juifs.

La rafle du vélodrome d’hiver, dite “Rafle du Vel d’Hiv” est devenue “la” rafle, mais si elle fut certainement la mieux organisée, la plus importante par le nombre de juifs arrêtés puis déportés, de policiers et gendarmes impliqués, il faut se souvenir que les rafles en France n’ont pas commencé en 1942, mais dès 1941.

La première rafle date du 14 mai. Elle frappe à Paris les juifs polonais, tchécoslovaques et autrichiens. La préfecture de police distribue 6500 convocations pour “vérification”… Cette première grande opération est menée grâce à l’utilisation du fichier juif de la Préfecture, communiqué aux Allemands.

La deuxième rafle a lieu à Paris du 20 au 23 août 1941. La police municipale est chargée de procéder à la rafle de 4232 personnes qui seront internées à Drancy, avant d’être déportées à Auschwitz.

La troisième rafle date du 12 décembre 1941. 743 hommes, de nationalité française, furent arrêtés, ainsi que 300 juifs étrangers. Il fallait atteindre le chiffre de 1000 personnes, pour constituer un convoi de déportation selon les “normes” allemandes… Avant d’être déportés à Auschwitz en mars 1942, ils seront internés à Compiègne.

De décembre 1941 à juillet 1942, les rafles sont interrompues, principalement parce que les Allemands manquent de trains pour assurer la déportation vers l’Est de l’Europe. Surtout, depuis le 16 avril 42, Pierre Laval est revenu aux affaires et René Bousquet, un fidèle, accède aux fonctions de secrétaire général de la Police. Eichmann demande que 100 000 Juifs de France soient déportés à Auschwitz. Pour essayer d’atteindre ce chiffre, Bousquet propose aux Allemands la déportation des familles juives de la zone non occupée, et d’y intégrer les enfants de moins de 16 ans.

La rafle, d’abord prévue les 13 et 14 juillet, est reportée au 16, pour éviter qu’elle ne coïncide avec le jour de la fête nationale… Aucun allemand ne participe directement aux opérations. La rafle du Vélodrome d’hiver mobilisa 9000 gendarmes et policiers qui arrêtèrent 13152 juifs. Cette rafle ouvrit les chasses aux hommes, aux femmes, aux enfants juifs en zone libre qui furent organisées avec la même minutie qu’au nord de la ligne de démarcation au cours des deux années noires qui précédèrent la libération de la France.

Sans la collaboration du régime de Vichy, les Allemands n’auraient pas pu déporter autant de Juifs. Jacques Chirac l’a dit en 1995, pour toujours et magistralement, “Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français”.

Ni manichéen, ni tire-larmes, “La Rafle” de Roselyne Bosch est le film authentique d’une histoire vraie. Le talent et la sincérité de ses acteurs rendent plus cruelle encore l’absence des disparus. Aujourd’hui, et pour toujours, ils manquent à la France.

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Mohammad-Amin Vialan va mourir

mars 5th, 2010

Mohammad-Amin Vialan va mourir. La condamnation à mort de cet étudiant iranien âgé de 20 ans arrêté lors des manifestations antigouvernementales de décembre 2009 a été confirmée en appel. Pour avoir jeté des pierres contre les forces de sécurité, le jeune homme a été reconnu coupable d’être en “guerre contre Dieu”, d’atteintes à la sécurité de l’Etat et d’injures aux autorités.

Vialan étudiait à l’université de Damghan, à l’est de Téhéran. On lui reproche d’être membre de l’équipe de campagne de Moussavi, leader de l’opposition… L’Iran est un pays totalitaire. La démocratie n’existe plus dans ce pays où la justice est au service du régime dictatorial. Trait politique commun aux Etats totalitaires : la recherche d’un ennemi intérieur, Cinquième colonne en cheville avec des ennemis de l’étranger.

Jamais, le principe de “volonté du peuple”, si cher aux Iraniens en quête de liberté, n’a été autant bafoué. En Iran, le rêve de créer un Etat de droit dure depuis un siècle. Toutes les tentatives ont échoué. La révolution de 1979 devait renverser le Shah et son pouvoir autocratique, mais les Mollahs coupèrent les ailes des révolutionnaires authentiques. Trente ans plus tard, les revendications n’ont pas changé, et ce même mépris de ceux qui croient à une dynamique démocratique reste inquiétant, tant pour les Iraniens, que pour la communauté internationale qui peine toujours autant à voter des sanctions fermes pour empêcher qu’un pays dangereux finisse par se doter de l’arme nucléaire.

Vialan va mourir, et avec lui, neuf autres manifestants antigouvernementaux ont été condamnés à mort et attendent une décision de la Cour d’appel. Tous ont été accusés d’avoir tenté de renverser le régime de Mahmoud Ahmadinejad. Le 28 janvier, deux militants de la liberté avaient été pendus.

La politique répressive d’Ahmadinejad ne s’arrête pas là. Le 23 février dernier, Abdolmalek Righi, chef du mouvement sunnite Joundallah, accusé par le régime iranien de comploter avec le Pakistan et les Etats-Unis contre Téhéran, était arrêté grâce à l’interception d’un avion à destination de Dubaï…

Qu’est devenu le célèbre réalisateur Jafar Panahi, arrêté à son domicile avec sa famille et des amis mardi 2 mars ? Cinéaste de la nouvelle vague iranienne, qui  reçut le Lion d’Or à la Mostra de Venise et l’Ours d’argent à Berlin, il paye le prix d’un soutien inconditionnel à l’opposition gouvernementale.

Quant au principal quotidien réformateur iranien, Etemad, ainsi qu’un hebdomadaire contrôlé par la famille de l’opposant Mehdi Karoubi, ils ont été interdits de publication par les autorités iraniennes lundi 1er mars.

Malgré cette folie répressive, la “vague verte” s’étend. L’image de l’opposition a changé ces six derniers mois : les pro Moussavi ne sont plus des casseurs manipulés par les Sionistes… Au contraire, l’immédiateté, la brutalité de la répression font aujourd’hui douter ceux qui ne pouvaient croire à l’organisation d’une fraude électorale.

Les forces de l’ordre chargent les foules, tuent et jettent en prison des intellectuels responsables qu’il est difficile de classer parmi les “voyous” du régime. Miliciens bassidjis et forces anti émeutes organisent la chasse aux “antennes paraboliques”, écoutent les téléphones portables ou surveillent les messageries sur Internet ; ceux qui traquent les responsables d’une “désobéissance civile” inventée inquiètent les populations et creusent davantage le fossé entre le régime et les Iraniens.

Les revendications de cette opposition ne sont pas anti-islamiques et la répression qui condamne les hommes à mort au nom de Dieu est injuste et révoltante. Car l’Iran bat tous les records criminels : 86 pendaisons publiques en 2005, 346 en 2008. Entre les dernières élections et l’investiture d’Ahmadinejad, 115 personnes ont été exécutées.

Pourtant, sur les murs des capitales du monde libre, les affiches dénonçant la dictature criminelle de l’Iran ne sont toujours pas collées. Les tracts dénonçant la répression des minorités arabes, balouches ou kurdes en Iran ne sont pas distribués.

Il y a urgence à dénoncer l’Iran, ses crimes et ses dangers. Il y a urgence à se mobiliser pour éviter le pire.

A 20 ans, Vialan sera peut-être pendu par un régime qui aime la mort. Mais il ne peut mourir seul.

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Iran, de la diplomatie à la guerre

février 19th, 2010

Rien ne va plus en Iran. Les experts internationaux sonnent l’alarme depuis trop longtemps sur les plans nucléaires à peine voilés de Téhéran, tandis que les sanctions diplomatiques tardent à se mettre en place. Seul le ton a récemment changé. Paris, Washington et Moscou dénoncent enfin une “escalade iranienne” à laquelle le Président Mahmoud Ahmadinejad répond par la menace et promet que “si quiconque cherche à créer des problèmes à l’Iran, la réponse comportera cette fois quelque chose qui leur fera regretter l’adoption de sanctions”. A mesure que la pression internationale monte, Téhéran montre son vrai visage et multiplie menaces et sous-entendus belliqueux.

Troisième producteur de pétrole au monde, l’Iran pourrait menacer la Chine enfin sensibilisée aux arguments déployés par les occidentaux de cesser ses livraisons de pétrole. Un accord pétrolier entre l’Arabie Saoudite et Pékin n’empêcherait plus la Chine de rejoindre le camp anti-iranien lors d’une prochaine réunion du Conseil de sécurité, tandis que Riyad craint tout simplement des représailles militaires iraniennes, voire de passer dans le monde arabe pour le pays qui servirait indirectement les intérêts d’Israël. Sur ce point, la ligne saoudienne ne change pas d’un iota, et demeure opposée à tout geste envers l’Etat juif tant que le conflit israélo-palestinien ne sera pas résolu… 
 
Alliée stratégique du Hezbollah, du Hamas et des factions chiites d’Irak, l’Iran pourrait également inviter ses partenaires terroristes à s’attaquer aux intérêts occidentaux ou à ouvrir de nouveaux conflits armés contre Israël. L’argumentaire politique a même été déployé par Mottaki, le ministre iranien des Affaires étrangères, en réaction aux propos tenus par Hillary Clinton lors d’une visite au Qatar, sur le risque de dictature militaire. Téhéran accuse Washington d’avoir tué volontairement des innocents irakiens ou afghans… Mais il y a pire. Ahmadinejad a annoncé mardi 16 février l’installation d’une nouvelle génération de centrifugeuses qui seront bientôt utilisées pour son programme nucléaire… 
 
Fondamentalement, les efforts de Barack Obama pour se rapprocher du monde musulman huit mois après le discours du Caire, comme la nomination d’un américain, Rashad Hussain, “Hafiz du Coran” (terme arabe désignant ceux qui connaissent par cÅ“ur le texte sacré musulman) à l’Organisation de la conférence islamique, ne devraient pas lui permettre de trouver de nouveaux appuis arabes dans sa volonté d’isoler les “extrémistes violents”…  
 
Si Israël et les pays occidentaux ne peuvent se passer d’un minimum diplomatique pour empêcher à tout prix l’Iran d’atteindre ses objectifs nucléaires, le rôle de la Russie n’en est pas moins déterminant. Au lendemain de la visite à Moscou de Benyamin Netanyahou, Moscou a annoncé le report de la livraison à l’Iran de systèmes antimissiles S-300 qui pourraient aider Téhéran à repousser des frappes ciblées contre ses installations nucléaires. Mais sur ce point aussi, l’Iran fournit une réponse inquiétante en annonçant début février la fabrication imminente d’un système antimissiles équivalent, voire supérieur aux S-300.  
 
Plus rien n’empêche aujourd’hui l’Iran de poursuivre son programme nucléaire. Les mesures dissuasives semblent épuisées. Il s’agit également de tenir compte d’une donne politique complexe, liée à la situation politique interne de l’Iran. Le régime d’Ahmadinejad n’est plus seulement contesté à Téhéran. L’opposition s’étend désormais à l’ensemble du pays, et les sanctions unilatérales auxquelles songent les occidentaux doivent se limiter aux responsables du régime des Mollahs, et notamment aux chefs politiques et aux Gardiens de la Révolution… Dans un pays où la révolte gronde, il est désormais interdit de pénaliser une population qui se rebelle contre un pouvoir illégitime, et irresponsable. 
 
Les appels successifs lancés par le Premier ministre israélien semblent d’autant plus justifiés que l’Iran annonce le démarrage de la production d’uranium enrichi à 20%, dans un nouveau geste de défi à la communauté internationale. Benyamin Netanyahou exhorte celle-ci à agir, au-delà des mots, soulignant que la politique a ses limites. Pour la première fois en dix ans, l’Etat hébreu continue de demander un durcissement des sanctions internationales contre l’Iran, mais demande que l’option militaire soit ouverte. En écho, Nikolaï Patrouchev, secrétaire russe du Conseil de Sécurité, qui exprime enfin des doutes sur les ambitions nucléaires iraniennes, a rappelé “les limites de la patience” : “Il est très important qu’on en arrive pas à la guerre, mais il existe un risque que la guerre commence. Ce risque existe théoriquement et certains pays n’excluent pas des actions militaires”.

 

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La dette

février 5th, 2010

Nous sommes parfois sans nouvelles pendant plusieurs jours. Dans un pays où l’électricité se fait rare, le téléphone est un luxe. Les équipes de Sauveteurs Sans Frontières vivent depuis plusieurs semaines à la mode haïtienne. Témoins d’une pauvreté qui s’est installée partout, de bourgade en village, ils sillonnent le pays, sur les traces des exilés de Port-au-Prince, dans les mairies, les écoles, les dispensaires, les hôpitaux de fortune. Après le secours médical, c’est une mission de secours social qui s’organise : programmes d’aides à mettre en place dans les orphelinats, construction de villages dans le centre du pays, loin de la faille sismique, loin du risque de mourir subitement demain. 24 jours après la catastrophe, le monde prend conscience de la dette historique, morale et politique, que nous avons envers Haïti.

La dette qu’évoquait Aimé Césaire doit être réglée, dans l’urgence et sans discussion. Haïti est le pays le plus misérable parce qu’Haïti a été abandonné et isolé pour avoir trouvé trop tôt le chemin de la liberté et de l’indépendance. Il ne fallait pas que les idées de Toussaint-Louverture “contaminent” d’autres peuples qui auraient voulu, comme les Haïtiens, disposer d’eux-mêmes, se révolter contre l’esclavage, dire non aux Blancs. Influences extérieures corruptrices et intrigues de trafiquants d’armes ont conduit le pays à l’instabilité et au chaos. Depuis leur indépendance, les Haïtiens survivent à peine. Ils sont, tous critères confondus, avec les Soudanais, le peuple le plus pauvre de la planète.
 
En moyenne, les Haïtiens disposent d’un revenu de 469 dollars par an. En moyenne, les Haïtiens ont une espérance de vie de 50 ans. Leurs petites maisons souvent colorées, aux intérieurs misérables, doivent être reconstruites. La terre a tremblé à plusieurs dizaines de kilomètres de Port-au-Prince. Murs écroulés. Inquiétantes fissures. Géologues et sismologues confirment que les risques persistent.
 
Après les milliers de morts et de blessés, des millions d’Haïtiens désespérés errent à la recherche d’un parent, d’un ami, d’un étranger qui partagera son assiette de riz, sa tente ou son trottoir. Parmi ceux qui ont tout perdu, il y a les chanceux, réfugiés dans leurs familles dans le centre du pays à Hinche, Mirebalais, Saut d’Eau. Ils partagent un repas chaud et dorment souvent dehors sous les feuilles généreuses des bananiers. Et puis il y a ceux qui attendent et qui ne savent plus ou aller, et pour lesquels il faut construire de nouvelles habitations. Et il y a ceux qui ne sont plus attendus. Des enfants, par centaines, par milliers, recueillis dans les orphelinats du centre du pays.
 
La solidarité envers Haïti est l’affaire de tous. Nous l’avons compris depuis le séisme qui a causé la plus grande catastrophe humanitaire, selon les Nations-Unies. On parle d’un plan Marshall qui pourra un jour relever Haïti, sortir les Haïtiens de leur marasme économique. On ose même prononcer le mot “développement”. Il faut aussi agir à très court terme. Aider maintenant. Encourager les Haïtiens à s’installer dans des zones moins dangereuses, loin des deux failles sismiques qui bordent le pays au sud et au nord. Reconstruire les infrastructures du pays dans des régions protégées. On parle de déconcentration de l’Etat et d’indispensable décentralisation, mais l’élite intellectuelle et politique du pays n’est plus là pour la mettre en Å“uvre. La majorité des cadres du pays n’est pas sortie des décombres de la capitale effondrée.
 
Haïti s’est arrêté le 12 janvier. D’ailleurs, il n’y a plus d’Haïti. Il n’y a que des Haïtiennes et des Haïtiens, conscients que la bonne éducation de leurs enfants conduira tout le pays à un avenir meilleur. L’éducation, voilà la noble obsession haïtienne, cette conscience qui se lit sur les murs des écoles sous forme d’équation, “éducation + connaissance = réussite”. Mais le séisme a détruit les écoles et le système éducatif.
 
Sur le plan social, l’Eglise prend difficilement le relais d’une population en détresse. Le nombre d’orphelins a doublé et les orphelinats doivent accueillir de nombreux enfants démunis de tout. A Mirbalais, SSF et Maison de Sagesse s’engagent à financer le fonctionnement de l’orphelinat du Père Faublas pour une période de trois mois. Des dizaines d’orphelinats comme ceux de Mirbalais sont dans une situation d’urgence absolue. Les responsables éducatifs et sociaux savent qu’ils dépendent exclusivement de la générosité et de la mobilisation. Des actions simples sont actuellement entreprises pour améliorer à tout jamais la vie quotidienne des Haïtiens, pour éviter peut-être que s’installe durablement l’immense catastrophe économique et sociale que la catastrophe naturelle a dévoilé. La mission n’est pas impossible. (www.sauveteurs.org, pour faire un don).
 
Tous les médias lancent des appels à secourir Haïti. Nous insistons pour que l’un des plus beaux pays du monde qui est aussi l’un des plus misérables, ne soit pas oublié. Le monde doit aider Haïti à se reconstruire parce que le monde n’a pas d’autre choix que de réparer l’injustice. Consciente et éclairée, la générosité doit réparer l’injustice, absurde.
 
Haïti, cette “terre des hautes Montagnes” ou “terre dans la mer” n’a plus de capitale. S’il est difficile d’imaginer la France sans Paris, Israël sans Jérusalem, il est tout aussi difficile d’imaginer Haïti sans Port-au-Prince, ville mythique. Jusqu’au 12 janvier, un Haïtien n’avait pas le droit de mourir sans avoir vu Port-au-Prince.
 
Il est interdit d’abandonner Haïti, car il est interdit d’abandonner les causes désespérées

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L’antisémitisme n’est pas mort

janvier 29th, 2010

                                                                                                                                                                       Elle est même bien vivante la bête immonde, celle qui extermina six millions de Juifs et qui depuis bouleverse l’histoire. En Europe de l’Est, il y a 65 ans, tandis que les camps étaient libérés à mesure des avancées des Alliés, les Allemands inventèrent le dernier chapitre du supplice qu’ils initièrent contre les Juifs, les marches de la mort destinées à tuer jusqu’au dernier des témoins des six millions de morts.

 
La Shoah a montré le bout de l’horreur, la monstruosité de la haine absolue contre un peuple rendu coupable de tous les maux de l’humanité, depuis les épidémies, les famines jusqu’à la guerre dont les Juifs furent les premières victimes.
 
La prise de conscience de “la catastrophe juive” est en marche depuis 1945. A peine dévoilé, l’univers concentrationnaire est devenu un thème majeur de recherche et de réflexion. La littérature, le cinéma, l’édification d’espaces dédiés à la mémoire ont permis à cette période si sombre de résister au temps et aux tabous.
 
Le sujet n’en est pas moins sensible, parce qu’il pose la question de la collaboration, mais aussi celle de l’indifférence et de la responsabilité. Les plus grands ont dit la honte de l’antisémitisme. Les conscients l’ont interdit, jusque dans la loi.
 
Pourtant, l’antisémitisme résiste. Mercredi 27 janvier, journée internationale de la mémoire de la Shoah, le cimetière juif de Strasbourg était profané. Croix gammées et inscriptions nazies sur d’anciennes tombes juives alsaciennes. La veille, un membre du clergé polonais relativisait l’importance de l’Holocauste, renouant avec les sordides sermons du cardinal polonais Jozef Glemp, tandis que le maire socialiste de Montpellier Georges Frêche trouvait que Laurent Fabius, d’origine juive, n’a pas une “tête très catholique”…
 
L’Europe n’est pas seule à entretenir ces haines diabolisantes. En Turquie par exemple, Erdogan est accusé d’employer un langage favorisant l’antisémitisme, et de favoriser une opinion publique hostile à Israël. L’intervention militaire israélienne à Gaza aurait tout changé. Les Turcs n’auraient pas supporté qu’Israël cherche à se défendre des pluies de missiles tombées pendant neuf ans. Halte à la disproportion… En Iran, Ahmadinejad persiste et signe. Israël doit disparaître. Un jour ou l’autre. Sur les traces d’Adolf Hitler qui appelait à la destruction de la “race juive”, le Président iranien prédirait la fin d’un pays, imaginé par ses idéologues et pères fondateurs comme la première et essentielle réponse à l’antisémitisme.
 
Alors oui, d’une certaine manière, les attaques douloureuses lancées contre Israël font oublier cette mission-là, première et essentielle : une terre pour les Juifs massacrés. Par deux fois en Europe, on tenta de les supprimer. Israël n’est pas une réponse arrogante à la haine des antisémites. C’est la terre des Juifs, légalement, pour la communauté des nations depuis à peine plus de soixante ans. L’antisémitisme ne s’importe pas en Europe avec le conflit israélo-palestinien.
 
Les rapports d’étude sur l’antisémitisme montrent que la première décennie du 20ème siècle n’aura pas rompu avec les logiques d’émissarisation des Juifs, ni avec la violence antisémite ordinaire. Au contraire, la haine des Juifs est en hausse. Les chiffres sont là. L’instrumentalisation politique aussi.
 
L’antisémitisme est une épidémie de l’esprit, une abomination intellectuelle, une plaie morale. Ne l’oublions pas. Sinon, toutes les mauvaises questions pourraient ne jamais trouver de réponse. L’une d’elle brûle la langue. Si Guilad Shalit n’était juif, serait-il déjà libre ?
 
Otage du Hamas depuis 1314 jours, citoyen français et soldat d’Israël, ce soir, nous pensons à lui.
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Le syndrome de la pistache

janvier 22nd, 2010

Il y a un peu plus de deux ans, le sous-secrétaire d’Etat américain à l’agriculture Mark Keenum avait prié son homologue israélien de cesser l’importation en Israël de pistaches en provenance d’Iran, au nom du respect des sanctions votées par les Nations-Unies contre Téhéran, et suite à la plainte de producteurs de pistaches américains, particulièrement attentifs à la bonne application des sanctions.

 Le ministre israélien de l’agriculture de l’époque, Shalom Simhon, déclara sa surprise, et promit d’agir immédiatement. L’Iran est le plus gros exportateur de pistaches au monde, et Israël en est le plus gros importateur, mais les deux pays ne signèrent jamais d’accord en matière de commerce de pistaches, tandis que la Turquie était le plus gros intermédiaire de vente de pistaches au monde…

 
Cette affaire ne déclencha ni crise ni scandale, et fut peu médiatisée. Le chef de l’opposition israélienne de l’époque, Benyamin Netanyahou, avait proposé une initiative parlementaire, suivie par l’ensemble des membres du Parlement israélien, visant à interdire aux institutions financières d’investir dans des sociétés ayant des relations commerciales avec l’Iran, s’inspirant des sanctions appliquées aux entreprises qui avaient maintenu des relations commerciales avec l’Afrique du Sud pendant l’Apartheid. Israël devait se montrer exemplaire en matière d’application des sanctions. Le nécessaire fut fait pour que le “syndrome de la pistache” ne se propage pas.
 
Les relations commerciales entre l’Iran et Israël s’arrêtèrent progressivement après la Révolution islamique iranienne. Israël fut rapidement classé parmi les pays “sataniques” par le régime des Mollahs, ce qui n’encouragea guère les relations commerciales entre les deux pays aujourd’hui interdites par les deux pays.
 
Cette semaine, un mini-scandale fait tranquillement son “buzz” dans la presse et sur Internet. On peut lire ça et là et en substance que les Israéliens, premiers donneurs de leçon en matière d’application des sanctions contre l’Iran, violeraient eux-mêmes la ligne qu’ils essaient d’imposer pour isoler l’Iran. Une société de High Tech israélienne aurait vendu un logiciel de gestion de site à la Chambre de commerce iranienne. Le contrat s’élève à un million de dollars. Les responsables de la société en question, DaroNet, ne nient pas les faits. Contactés par la rédaction de Guysen, ils reconnaissent que leur succursale d’Anvers en Belgique a effectivement cédé des contrats de licence de leur logiciel à un homme d’affaires néerlandais, mais ils comprirent que le client final était iranien après avoir reçu la demande de traduire les notices en perse…
 
DaroNet n’a donc pas démarché la République islamique, et si des Iraniens sont effectivement les destinataires finaux des produits commandés, il se pourrait bien que le président de cette société décide d’annuler le contrat dans les prochains jours. Israël fait partie des premiers exportateurs de produits High Tech. Et l’Iran fait partie des pays qui en importent le plus. Le syndrome de la pistache aurait encore frappé.
 
Difficile de suivre ceux qui assurent que cette transaction est un “véritable pied de nez à l’air du temps” au moment où la communauté internationale étudie l’hypothèse de nouvelles sanctions contre l’Iran. D’ailleurs, Téhéran n’est plus seulement “soupçonné” de préparer un programme nucléaire militaire, mais bien accusé de ne pas exécuter les résolutions votées par le Conseil de sécurité et de dissimuler centrales et centrifugeuses nécessaires à l’enrichissement de l’uranium.
En Israël plus qu’ailleurs, la sécurité nationale impose un contrôle sérieux des flux financiers, et des échanges commerciaux. Les tribunaux israéliens n’hésitèrent pas à condamner à de lourdes peines ceux qui furent tentés, il y a quinze ans, d’entraver les règles. Car l’odeur de l’argent du terrorisme est meurtrière… Répétons que l’Iran alimente en armes le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza.  
 
D’aucuns affirment également que des Israéliens continuent de faire des affaires avec l’Iran. Des contrats industriels de plusieurs centaines de millions de dollars seraient signés chaque année. L’assertion est malhonnête, et la rumeur est perfide. Certes, l’Etat juif intervient encore en Iran. La cause ne manque pas de noblesse, et il serait dommage d’en faire un tabou.
 
Après le tremblement de terre qui sévit en Iran l’an dernier, le gouvernement de Téhéran avait refusé l’aide proposée par les organisations de sauveteurs israéliennes. A la demande des Américains, toutefois, des ingénieurs israéliens se rendirent en Iran pour participer aux travaux de réparation des canalisations détruites par le séisme, installées par des entreprises israéliennes quarante ans plus tôt. Si l’on en parle encore moins souvent, la présence supposée en Iran d’ingénieurs agronomes israéliens experts dans la lutte contre la désertification pourrait sembler tout aussi surprenante. Sans accord de coopération, Israël ne refuse jamais de participer à des actions d’urgence. C’est le droit moral d’Israël de s’interdire de traiter avec un pays dont le Président jure la disparition. Mais c’est aussi l’honneur d’Israël que d’accepter d’aider les Iraniens à retrouver l’eau courante dans les meilleurs délais, après une catastrophe naturelle. 
 
Les nouvelles technologies utilisées par les manifestants iraniens pour montrer au monde leur révolte face au régime répressif ont été conçues et développées en Israël et en Californie. Téléphones et ordinateurs continuent d’ouvrir les frontières de la liberté, celle de l’information en particulier. Nous pensons que l’enjeu est immense. A New-York ou à Paris, mais aussi à Téhéran, Damas ou Beyrouth, les détenteurs d’Iphone peuvent désormais télécharger gratuitement l’application de Guysen, et suivre une information indépendante, en direct de Jérusalem.
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